Les désordres du THAR
Qui ne se souvient des inondations de fin décembre 1999 ? Pour faire court nous avons eu 145 maisons inondées. Nous avions 80 centimètres d’eau place du Marché. Certes la tempête avait jeté quelques arbres dans le lit du Thar, avec une obstruction partielle au niveau du petit Pont Bleu.
A cette occasion nous avions constaté la présence d’un embâcle qui, à lui seul, réduisait le cours de 2 mètres 50 de largeur ! Or il faut avoir présents à l’esprit les éléments suivants :
- l’arrêté préfectoral, d’avril 1865, toujours en vigueur, qui réglemente le gabarit, stipule qu’entre le Pont Bleu et la mer le Thar doit être à 6 m de large,
- en crue le Thar envoie jusqu’à 12,5 m3/ seconde au niveau du Pont de Lézeaux, vers son lit inférieur, la Mare de Bouillon et la mer,
- si nous ajoutons 1 m3 voire 0,5 m3 seulement, de ruissellements entre le Pont de Lézeaux et le Pont St Michel sur KAIRON, il faut évacuer, au bas mot, 13 m3 à la seconde !
- en décembre 1999, en raison des divers embâcles, nous ne retrouvions que 7 à 7,50 m3/seconde au niveau de KAIRON. Ce sont donc 6m3/seconde environ qui s’accumulaient en amont. Comptez bien :
6m3 x 60 secondes x 60 minutes x 24 heures= 518.400 m3 en 1 seule journée!
Au cours des années 2003/2004, suite à nos sollicitations, la mairie de St Pair a réussi à faire sauter cet embâcle majeur. Un riverain, souhaitant « agrandir » son terrain, avait implanté des pieux à moules, entrelacés de câbles à chalut, garni de sacs plastiques à moules dans le lit de la rivière ! Soit 35/40 m2 de terrain gagnés sur le lit du THAR….dont le cours se retrouve à moins de 3 mètres de large, au maximum ! Il est tout à fait évident que le débit s’est trouvé réduit de façon drastique !
Le 28 février dernier l’eau est de nouveau dangereusement montée et nous avons retiré à temps un arbre à la dérive qui s’était bloqué sous la passerelle de l’impasse du Seuil Marin, avenue de Champeaux. Voir photo prise à 19h50. Dimensions : 12 mètres de tronc, 70 centimètres de diamètre à la base.
Aujourd’hui, toujours en liaison avec la commune de St Pair, nous nous donnons pour objectif de faire sauter les embâcles hétéroclites dont l’accumulation recréée du danger à court terme. Le parcours entre le Pont Hogris et l’estuaire à KAIRON est très concerné.
Ce sont donc 140 arbres qui empiètent dans le lit du Thar et des digues de fortune, à la solidité souvent aléatoire, qui doivent être retirés avant le 31 août.
Passé cette date les communes feront effectuer les travaux aux frais des riverains qui, rappelons-le, restent propriétaires de la moitié du cours d’eau, donc de la berge, donc de leur responsabilité.
Après une réunion des riverains, qui ont été très attentifs d’ailleurs, le 12 avril à la Faisanderie, nous avons procédé à l’examen des berges, répertorié les obstacles, marqué les arbres à problème. Après examen de ce dossier, les services de la Préfecture valideront, complèteront ou modifieront nos préconisations ; nous transmettrons les conclusions à chaque propriétaire ayant un problème sur sa rive.
Il faut admettre que ce sera une lourde tâche pour certains propriétaires mais tout laxisme qui se prolongerait pourrait coûter extrêmement cher en raison de recherches en responsabilité difficilement contestable en cas de renouvellement des désordres constatés.
Post scriptum : Si vous ne trouvez pas d’élagueurs qualifiés, nous sommes en mesure de vous en signaler quelques-uns en appelant le garde-champêtre de Jullouville (02 33 91 10 20).