Histoire de Jullouville
L’actuelle commune de Jullouville regroupe, depuis 1973, l’ancienne commune de Bouillon et sa commune associée de Saint Michel des Loups.
A l’origine, Bouillon était un village bordé d’une mare sur la lande de Beuvais, de bi via, du nom de la bifurcation de la voie romaine entre Coutances et Rennes. La présence humaine et le culte druidique y sont constatés notamment par la présence d’un menhir au hameau de Vaumoisson.
Au XVème siècle, des pêcheries installées sur le littoral, toujours accessibles de nos jours mais utilisées seulement comme loisirs, représentaient une activité artisanale en complément des travaux de la terre.
En 1874, un habitant d’Avranches, Monsieur Armand Jullou qui, par ailleurs, élevait des chevaux à Saint Michel des Loups, devint conseiller municipal de cette dernière commune.
En 1882, avec son gendre Paul Dupuy, architecte, il acheta 40 hectares de mielles, vaste zone de dunes sur le littoral, afin d’y bâtir une station balnéaire. Planté de résineux, avec des plans précis, des avenues rectilignes, et une promenade en bord de mer, l’endroit devint des plus agréables ! Une charte urbanistique stipulait la construction de villas et d’hôtels, d’une chapelle et d’un casino (hôtel). Cet espace prit le nom de Jullouville les Pins.
Monsieur Jullou vendit des parcelles jusqu’à ce que des difficultés financières l’obligent en 1891 à vendre ses biens par adjudication. En 1894, une association de propriétaires qui dura 100 ans fut créée.
Cette partie de Bouillon se développant rapidement, la commune prit le nom de Bouillon-Jullouville en 1951 pour arriver en 1973 à former la grande commune de Jullouville, appellation retenue en mémoire du créateur de la station.
L’association regroupait à l’origine Bouillon, Saint Michel des Loups, Saint Pair et Carolles mais ces deux dernières reprirent leur indépendance respectivement en 1977 et 1999.
Histoire de Saint Michel des Loups
L'histoire de Saint-Michel des Loups s'est confondue pendant très longtemps avec celle d'une forêt profonde de 720 hectares où vivaient bien sûr des loups, mais aussi des sangliers et des cervidés : la Lande de BEUVAIS.
Cette forêt fut donnée en 1030 aux Religieux du Mont-Saint-Michel par Robert le Libéral, puis concédée aux seigneurs de St Jean en 1172. Devenue ensuite propriété des seigneurs de Carolles, ces derniers s'attachèrent à défendre les droits des habitants des Communes. Des assises définissant les droits et devoirs des paroisses et du Mont-Saint-Michel eurent lieu à Avranches en 1504.
Au fïl des années, la forêt fût dévastée tant par ses habitants que par les soldats et devint dès la moitié du 16 ème siècle, une lande inculte.
Ce n'est qu'en 1818 que les Communes riveraines de la forêt se la partagèrent selon le nombre de "feux" seul mode de recensement de l'époque. C'est ainsi que Saint-Michel-des-Loups en reçut 170 hectares.
La population, surtout agricole, vivait en cultivant pour elle-même, les céréales qui ont longtemps formé l'alimentation de base. Le poisson, le porc étaient des menus de fêtes et la seule boisson, le cidre. Le travail du chanvre et du lin, effectué l'hiver, permettait bien souvent d'attendre une saison de pêche à la morue à Terre-Neuve.
L'exploitation des carrières de pierres et de granit est plus récente (début du 19 ème siècle).
Des traces de vie datent cependant de l'époque préhistorique, des découvertes faites au 19 ème siècle à Glatigny et au Deffand en portent témoignage.
L'église, très ancienne, puisqu'on y réglait les litiges en vertu d'une Charte datant de 1172, a été profondément remaniée au fïl des siècles, puis agrandie vers 1875 et incendiée par la foudre en 1917. Ce n'est que quatre ans plus tard que les offices y furent de nouveau célébrés, non plus par un prêtre résident mais par un prêtre de Bouillon d'abord, Champeaux ensuite.
Le seul seigneur de Saint-Michel des Loups fut l'abbé du Mont-Saint-Michel. Seuls de petits nobles sans fortune y résidaient avec le titre d'Ecuyer : les De la Bellière au Deffand, les Caucesseurs, les Brouault de Lézeau, de Lancire ou Philippe.
Actuellement, Saint-Michel-des-Loups qui compte 1420 hectares de superficie, est associée depuis 1973 avec Bouillon formant ainsi la Commune de Jullouville.
Monsieur Armand Jullou qui donna son nom à la nouvelle Commune, avait été, en 1874 Conseiller Municipal de Saint-Michel-des-Loups !
Une date importante
Une date mémorable, tant pour Bouillon que Saint Michel des Loups : le dimanche 31 juillet 1944 !
C’est ce jour-là en effet, qu’en plein après-midi, les troupes alliées, surtout américaines, sillonnant le secteur, arrivèrent pour nous apporter la liberté.
Point important : au mois d’août, l’installation du Q. G. du Général Eisenhower au Château de la Mare et la réalisation d’une piste d’atterrissage qui favorisa les allers et venues des chefs de guerre, particulièrement du Général qui résidait à Saint Jean le Thomas où il séjourna du 20 août au 29 septembre 1944.
Un hôpital de campagne fut aussi installé en bordure du Thar aux Eaux de Bouillon.
En juin 2009, la famille d’un pilote américain, Stanley Vancil, stationné à Jullouville en cet été 1944, est revenue sur le site de l’ex-terrain d’atterrissage à l’occasion du 65ème anniversaire du Débarquement. La photo ci-contre date de cette période.
Dans la même journée, les troupes américaines arrivèrent à Saint Michel des Loups, avec quelques combats de dernière heure dans le secteur du Noir Vivier et de la Cosnière. Une soixantaine de chevaux accompagnant un groupe de soldats allemands, furent foudroyés par des mitraillages accompagnés d’un largage de bombes.

Un seul civil, Alcide Desmottes, blessé au cours de cette opération, décéda le lendemain des suites de ses blessures.
Après le départ définitif de l’occupant, un camp de soldats américains s’installa dans le secteur du Bourg pendant une dizaine de jours.
Pendant les hostilités, un poste de guet, genre mirador, « décorait » le clocher de l’église, et ne fut démoli que plusieurs années après la Libération.